Petit village de moins de 600 habitants, dans le département de l'Eure, proche de Vernon et de Giverny (jardins de Claude Monet)
 
Histoire de Tilly (L'histoire et la vie du village)


Sommaire


Chapitre I Village de Tilly
Chapitre II La fontaine de Tilly
Chapitre III Tilly, arrondissement des Andelys - Canton d'Ecos
De Vernon jusqu'à l'arc de Triomphe, la carrière du Général De Tilly
Chapitre IV Hameau de Corbie
Chapitre V Saulseuse (le Prieuré)
Une cloche du XVII° siècle au Prieuré de Saulseuse
Chapitre VI Saulseuse (le Castel)
Chapitre VII Tilly, son histoire au XXème siècle
Un fait divers en 1888
Un fait divers en 1947
Un fait divers en 1992
Les majorettes
Le château d'eau
Le blason
Chapitre VIII L'école
Chapitre IX L'église
Chapitre X Bibliographie




Chapitre I

Village de Tilly



Dans la charte pour la cathédrale de Rouen, le duc Robert 1er fait mention de la paroisse de Tilly. Parmi les seigneurs de Tilly qui portèrent le nom de la paroisse et qui se sont perpétués depuis le X° siècle jusqu’au XVIII°, nous nous contenterons de citer Guillaume, Richard, Guy, Renauld, Jean, Guichard, Louis, et Charles de Tilly. En 1370, Mgr Jean de Tilly, chevalier, va en Angleterre envoyé par le roi de Navarre son maître, pour traiter de la paix. Maître Régnier était en 1376, curé de Tilly. Il avait pour successeur en 1489 Jean Lefèvre qui fut condamné à une amende.
En 1687, la cure de Tilly valait 5 à 600 l., on comptait 140 communiants. Vers 1780, Marie Angélique Corneille, descendante du grand Corneille, était meunière au village de Tilly. Fiefs : 1° TILLY-DAUBEUF, vers 1380, Guillaume de Daubeuf épousa Alipe de Blaru, dame de Tilly, dont il eut Pierre, seigneur de Daubeuf, et Guillaume, seigneur de Tilly, qui recueillirent sa succession en 1345.
Guillaume II de Daubeuf, seigneur de Tilly avait des droits d’usage dans la forêt de Vernon, une charte du roi Jean, pour Guillaume de Daubeuf, chevalier, nous apprend que dans la forêt de Vernon, le bouleau est réputé vif de bois, bien qu’ailleurs il est classé dans le mort bois. Catherine de Daubeuf, fille unique de Guillaume et de Jeanne du Perroy, épousa en premières noces Robert Rioult, sieur de la haute maison, et en secondes, Charles de Longueval, chevalier, seigneur de Maigremont dont elle était veuve en 1451, lorsqu’elle rendit aveu pour pour le fief de Tilly.


En 1458, Pernelle Rioult, issue du premier mariage de Catherine de Daubeuf, épousa Pierre de Boscherville, d’où Jacqueline, dame de Tilly, mariée à Philippe de Fleurigny; leur fille a probablement transmis le fief de Tilly-Daubeuf à la famille Duperrier. Jean Duperrier, sieur du Beaufranc, est cité dans un arrêt de la cour des Aides de Normandie du 16 décembre 1540, son petit-fils Claude Duperrier, esc. fut maintenu de noblesse le 2 janvier 1669.
Le 1er août 1700, Gabriel du Perrier fils de Claude rendit aveu du fief terre et seigneurerie de Tilly, vulgairement appelé Daubeuf 4° de Haubert consistant en manoir sieurial et 60 acres de domaine non fieffé. Le domaine fieffé contenant 60 acres produisait chaque année 10l. de rente en argent, 30 œufs, 2 gélines et 1 chapon. Le fief de Daubeuf avait en outre droit de prendre chaque année dans la forêt de Vernon 52 charretées de bois à brûler et bois carrés pour édifier le manoir du lieu. La famille du Perrier conserva le fief de Tilly-Daubeuf jusqu’à la révolution.
Du PERRIER: d’argent à la bande d’azur chargée de trois molettes d’or,
accostée de deux lionceaux de sable, celui de la pointe contourné,
au poirier arraché de sinople brochant sur le tout, chargé à la pointe
d’une burette de gueules.

2° - Jeucourt. 8° de fief après avoir appartenu à la famille de Jeucourt , était passé en 1700 aux représentants de la veuve de messire d’Annebaut. 3° - La Queue-d’Aye, Ernould de la Queue-d’Aye donna en 1205 à l’abbaye des Vaux de Cernay tout ce qu’il avait dans le village dont il portait le nom ; André de la Queue-d’Aye est cité dans une charte de 1269.
Un accord eut lieu en 1278 entre l’abbaye des Vaux-de-Cernay, Thomas Estourmy et Alice sa femme. Pierre et Guichard de la Queue-d’Aye sont cités dans une charte de 1280. Gaston de la Queue-d’Aye seigneur suzerain confirma en 1283 la vente que Jean de la Chapelle et Sibille sa femme avaient faite à l’abbaye des Vaux-de-Cernay d’une terre située à la Queue-d’Aye. L’abbaye devint par la suite propriétaire de tout le fief de la Queue-d’Aye qu’elle conserva jusqu’à la révolution.
En 1607, Adrien et Jérôme d’Arconat étaient seigneurs d’Heubécourt, Coupigny, Corbie. Adrien épousa en 1614 Louise de Clère qui lui donna cinq fils morts jeunes et trois filles ; Claude, l’aînée épousa en 1630 Charles de Tilly gouverneur de Vernon qui fût créé marquis de Blaru en 1650 et nommé gouverneur de l’Ile de France en 1706. Charles de Tilly fût maintenu de noblesse le 18 août 1666.
 

Charles de Tilly :
D’or à une fleur de lys de gueule.

Fresque représentant les armes de Charles de TILLY
que l'on peut voir sur la face Nord-Est
en entrant dans la Collégiale de Vernon

 

Chapitre II

La fontaine de Tilly



Sur la RD 181 en direction de Vernon, en bas de la côte au croisement de la route menant à la SNECMA à gauche, existait une fontaine qui faisait de cet endroit un lieu délicieux. C’était la fontaine de la croix-du-mont-de-Tilly. On avait longtemps cherché une source, lorsqu’un des officiers de Mr de Penthièvre(Mr Drevet, garde manteau) aperçu un courant d’eau de trois pouces cubes environ. Cette découverte fut regardée comme un très grand bonheur. C’en était un aussi. Dans les temps de sécheresse, les habitants des villages voisins viennent s’y pourvoir en eau. L’utilité qu’on en espérait, les soins qu’on s’était donnés pour parvenir à la trouver, les charmes du site, tout porta Mr de Penthièvre à faire les frais nécessaires pour l’excavation d’une fontaine. Elle fut construite d’une manière qui répondit parfaitement à l’importance que le prince y attachait. C’était encore la fontaine de jouvence, si l’on peut donner à la vérité les noms de la fable. C’est la fontaine où le tendre Pétrarque célébrait ses amours. La baguette des fées ne saurait créer un endroit plus admirable, ces lieux ne pouvaient recevoir un plus grand bienfait. Cette source avait pu disparaître pendant un grand nombre d’années. mais elle existait antérieurement au XVII° siècle et elle est mentionnée dans un acte de 1575 par lequel Robert Porcher tailleur de pierre à Vernonnet prend à rente une demi-vergée de terre au triège des vals ‘ près de la fontaine du Mont-de-tilly ’ bornée d’un bout par le chemin du Roi et l’autre bout par les bois. Cette terre était chargée d’une rente seigneuriale envers le prieuré de Saint-Lazare. Il y avait un relais de chasse à cour au pied du Mont-de-Tilly près de la fontaine. A la fin du XVIII° siècle, c’était encore un rendez-vous de chasse et le duc de Penthièvre avait fait établir un bac à fourneaux pour se rendre directement du château de Bizy en cet endroit qu’il affectionnait. La source est contenue dans un bassin en pierre situé au fond d’un entonnoir circulaire engazonné entouré dans sa partie supérieure d’une rangée de tilleuls(à gauche sur la carte, face au personnage).
L’eau sortant de ce bassin alimente un lavoir à quelques mètres au-dessous. De là, elle se rend en traversant la route au moyen d’un aqueduc aux premières maisons de Vernonnet qu’elle atteint après un parcours d’environ 2000 mètres. C’est un but charmant de promenade et rien n’est plus agréable que de s’y rendre sous bois, l’été, en côtoyant sur la lisière de la forêt ce clair ruisseau qui entretient la fraîcheur et bruit légèrement sur les cailloux. On peut voir sur la carte, derrière le personnage, le chemin traversant la forêt du Mont-de-Tilly qui débouche en haut de la côte passant à proximité de la cabane actuelle des chasseurs. Le chemin rural N° 22 dit : Ancien chemin de Vernon par les Monts de Tilly. A la rentrée de la famille des Bourbons en 1814, la duchesse d’Orléans y fit élever une pyramide portant ces inscriptions aujourd’hui à moitié effacées.

  A sa partie supérieure :
L’AN
SON A.S. Mgr
LE COMTE
DECOUVRANT CETTE
FONTAINE QU’IL
CONSACRA A
L’UTILITE PUBLIQUE

Au-dessus d’un écusson veuf d’armoiries, on lit cette seconde inscription :

ELLE FUT L’OBJET DE
SOINS DE S.A.
Mr. LE DUC
DE PENTHIEVRE
ET LE BUT DE
SES PROMENADES

Une troisième inscription gravée au-dessous d’un second écu porte ces mots :

L’AN MDCCCXIV
S.A.R. MADAME LA DUCHESSE
DOUAIRIERE D’ORLEANS
A SON RETOUR EN FRANCE
RESTAURA LA FONTAINE
ET CONSACRA CE MONUMENT
A LA MEMOIRE DE SON GRAND ONCLE
ET DE SON PERE.




La Fontaine de Tilly en images





Chapitre III

Tilly, arrondissement des Andelys - Canton d'Ecos



Dès le X° siècle, il est fait mention de TILLY (Teileet en 1028 / 1033 ; Tilliacum 1221. Si la notation la plus ancienne est juste, TILLY dérive du latin Tilietum, lieu planté de tilleuls. Tilly est un nom typiquement normand.
- Altitude : 150 mètres
- Latitude 49° 08’ 44" Nord
- Longitude 1° 31’ 52" Est
- Surface 1219 hectares
- Sol alluvion ancien, craie blanche, argile et silex.

Population: en 1725, le dénombrement de la population emprunté aux rôles dressés par les officiers du grenier à sel de Vernon était de: - Taillables : 49 feux – 201 personnes
- Privilégiés : 3 feux – 3 personnes

En 1936, la population était de 259 habitants, pour arriver en 1946 à 279 habitants.
En 1982: 383 habitants, en 1990: 457 habitants, en 2005: 475 habitants.
Le dernier recensement publié en 2012 fait ressortir 559 habitants.

Dépendances :
- CORBIE rattaché par décret impérial le 28 août 1808
- SAULSEUSE dont le prieuré fut fondé en 1139 par Richard de Tilly
- Les RUELLES
- La FRESNAYE
- Le CASTEL qui était la demeure des seigneurs de Tilly jusqu’à la fin du XV° siècle et transmis par mariage à la famille Duperrier qui le fit restaurer et le garda jusqu’à la Révolution.
Tilly est également le nom du comte Alexandre, né en 1764 dans une famille qui était une des plus puissante de Normandie, une famille qui a grandement contribué à mettre cette province sous l’obéissance de nos rois. Alexandre de Tilly, mondain, sceptique et séducteur, un talent de conteur. Tout sur la vieille cour, et son roi impuissant avait de nombreuses liaisons. Alexandre de Tilly, désabusé, ruiné, déshonoré, préfère se suicider l’avant-veille de Noël de l’an 1816. Il y avait également un autre comte de Tilly prénommé Jacques, Louis, François né à Vernon sur Seine le 2 février 1749, un lointain cousin du comte Alexandre sans doute, puisque tous deux étaient apparentés aux Tilly – Blaru. Il est l’aîné de la famille, celui par conséquent que l’on désigne à la carrière des armes.
L’un passe sa vie dans les salons, autour des tables de jeux ou dans les bras de jolies marquises, l’autre ne connut que la poudre et les balles. Les états de service du comte Jacques Louis François de Tilly sont à ce point remarquables, que son nom figure même au côté nord de l’Arc de Triomphe de l’Etoile et c’est à lui aussi que l’on a pensé en donnant à une caserne d’Evreux, le nom de ‘ Quartier Tilly ’ pour honorer sa mémoire. Héros des batailles révolutionnaires et de l’Empire (Vernon 1759 – Paris 1822), il fût colonel et aide de camp du général Dumouriez. A Evreux, le Quartier Tilly n’existe plus. Démoli à la fin des années 80, c’est aujourd’hui le siège des sections ‘ droit et sciences ’ du centre universitaire.
Il est à noter que nous trouvons six communes avec le nom de Tilly:
- Tilly la Campagne (14540)
- Tilly sur Seulles (14250)
- Tilly (36310)
- Tilly sur Meuse (55220)
- Tilly Capelle (62134)
- Tilly (78111)
- Ainsi qu’un Tilly en Belgique dans la province
  du Brabant Wallon à 40 Km au Sud est de Bruxelles.
En 1998, désirant faire connaissance avec ces différentes communes de Tilly, le Maire de l’époque Léon Taillieu, leur a fait parvenir un courier.
Seules trois communes ont répondu favorablement : Tilly-Capelle, Tilly sur Meuse ainsi que Tilly en Belgique.


De Vernon jusqu'à l'arc de Triomphe, la carrière du Général De Tilly



Louis XV règne, Jacques, Louis, François il est comte de Tilly, car apparenté aux Tilly – Blaru, il est l’aîné de la famille, par conséquent destiné à la carrière des armes. Une carrière qui sera brillante et, puisqu’il fut un grand militaire, on s’est plu, à la caserne d’Evreux, à se souvenir de lui: Le quartier Tilly. Colonel de cavalerie en 1792, alors que la patrie est en danger, il se fait remarquer du Général Dumouriez, le héros de Valmy et Jemmapes, qui décide de le prendre pour aide de camp avant de lui confier, le 8 mars 1793, le commandement de la place de Gertruydenberg (une ville des Pays-Bas qui doit son nom à Gertrude, la fille de Pepin de Landen). Une place dans laquelle avaient été concentrés tous les moyens indispensables pour mener à bien une belle invasion de la Hollande.
Mais c’était sans compter sur les aléas de la guerre, car voici que Dumouriez se voit contraint de reculer et de laisser notre colonel Tilly seul dans la ville de Gertrude. Colonel! avait ordonné Dumouriez avant de se replier, colonel!, je veux votre parole d’honneur que vous ne rendrez pas la place sans un ordre écrit de ma main! Mon général, vous l'avez! Et ce qui devait arriver, arriva. Le 23 mars 1793, Gertruydenberg est assiégée. Dans la ville encerclée, Tilly reçoit cette lettre : ‘ le commandant des troupes françaises qui occupent la ville de Gertruydenberg est sommé par le soussigné général major de l’infanterie, commandant ici l’avant-garde d’un corps considérable sous les ordres de Son Altesse Sérénissime le Prince Frédéric d’Orange et de Nassau, de lui ouvrir les portes de la ville et d’y recevoir nos troupes sous peine, en cas de refus, d’être du premier jusqu'au dernier, passé au fil de l’épée sans miséricorde quelconque'. Cet ultimatum était signé du comte de Warstenbeben. Pour toute réponse M. de Tilly fit savoir au dit comte qu’il s’était trompé d’adresse et qu’il ne capitulerait que sur ordre du Général Dumouriez.
Hélas, entre temps Dumouriez avait quitté le service de la jeune République française. En un mot, il était passé à l’ennemi! Evidemment, Tilly assiégé ignorait tout de cette volte-face de son supérieur. Aussi obéit-il quand il reçut ce billet ainsi libellé ‘ Le Général Dumouriez ordonne au Colonel de Tilly, commandant la ville de Gertruydenberg, de rendre cette place par capitulation avec tous les honneurs de la guerre pour condition, tambours battants, drapeaux déployés, mèches allumées, et emmenant avec lui tous les effets militaires appartenant à l’Armée Française. Dumouriez est à l’ennemi, Tilly ne le suit pas, mieux, le 2 décembre 1793 il prend le commandement de l’armée des côtes de Cherbourg. Bien que noble, il a manifestement embrassé la cause de la Révolution. Noble en effet, car il est le fils de Louis Joseph de Tilly Seigneur de Prémont et de Vaudrimare, descendant lui-même des châtelains de Blaru.
1795 – Tilly est promu général divisionnaire à l’armée du nord.
1796 – Il est gouverneur de Bruxelles.
1798 – Il est inspecteur général des troupes françaises stationnées en Hollande.
1800 – Le voici chef d’état-major général de l’armée de l’ouest.
Et puis ce sera la Grande Armée : les campagnes d’Allemagne, de Prusse, de Pologne, de l’Espagne aussi. Il est un temps gouverneur de Ségovie et, en 1811, à la bataille d’Occana, il fit des prodiges de valeur, montra une habilité consommée dans l’art de faire manœuvrer la cavalerie et fit aux Anglais un grand nombre de prisonniers. 1814 : la première restauration. Le roi le nomme Grand Officier de la Légion d’Honneur. Les Cents Jours : Napoléon le nomme président du collège électoral du Calvados. 1815 : La seconde restauration. On ne peut éternellement tourner casaque ! Cette fois notre général Tilly (il avait été fait baron d’Empire en 1811) est prié de prendre une retraite discrète et définitive. C’est à Paris, le 10 janvier 1822 qu’il mourut. Son nom est inscrit au côté nord de l’Arc de Triomphe de l’Etoile.

Plan de Tilly




Chapitre IV

Hameau de Corbie



Le hameau de CORBIE se trouve sur la route départementale 181 reliant Vernon à Gisors à environ 2 km du bourg. Ancienne commune rattachée à Tilly par décret impérial le 28 août 1808, homonymie avec Corbie, petit affluent de la Risle à (Toutainville) et avec la ville de Corbie dans la somme (CORBEIA VII° siècle), était autrefois paroisse compte aujourd’hui 38 habitations individuelles et 101 habitants dont 41 enfants (recensement 2005). En 1725, Corbie comptabilisait 19 feux taillables et 74 personnes. La paroisse fondée sous la dédicace de la Sainte Vierge, était la présentation du Seigneur. En 1206, Guillaume Crespin tenait Corbie de l’archevêque de Rouen. Il existait cependant une famille portant le nom de la paroisse, Jean Richard et Gautier de Corbie qui vécurent au XIII° siècle. Mathieu de Corbie, était en 1330, vassal de l’archevêque, le chanoine Pierre de Corbie donna en 1384 sa bible au chapitre de Rouen. Vers 1840, les héritiers de Jeucourt partagent la succession de leur père composée de Heubécourt, Coupigny, Haricourt, Tilly, Corbie. Claude de Saint Germain, héritière de Madeleine d’Annebaud, transmit à Jean Jacques d’Arconnat son mari, Heubécourt, Corbie, Coupigny. Leur fille Claude épousa Charles de Tilly, chevalier, marquis de Blaru dont elle était veuve en 1682. Elle mourut à Vernon le 6 janvier 1702. Charles de Tilly, II° du nom, était en 1706 seigneur patron de Corbie, la Queue-d’Aye.

L’église de Corbie, se trouve aux coordonnées X 54285 et Y 16270 et figure sur le cadastre de 1936 section 15 parcelle 5. Le patronage de l’église de Corbie appartenait au Seigneur du lieu suite à un don de l’archevêque de Rouen à Guillaume Crespin en 1266. L’inventaire date cette église du 18° siècle.
A quelques mètres de l’église, se dresse le calvaire indiquant l’emplacement de l’ancien cimetière.
En 1330, Mathieu de Corbie, écuyer, était vassal de l’archevêque. Il semble que l’église de Corbie n’ait été cure qu’aux 17° et 18° siècle avant d’être désaffectée à la révolution et vendue en 1811. Privée de son clocher, elle a été transformée en maison d’habitation en conservant toutefois ses ouvertures primitives. Elle sert désormais de grange. Au début du 20° siècle, il y avait également un café à Corbie tenu par Mr. NIVART.
En voici la demande d’ouverture adressée à Mr. le Maire de Tilly.
Monsieur le Maire
Je soussigné Nivard Benjamin Victor, né le quatre mars mille huit cent soixante cinq à Corny département de l’Eure domicilié à Saint Denis le Ferment département de l’Eure épicier marchand de vin déclare qu’il a l’intention d’exploiter le café précédemment tenu par Mr. Lefevre Edouard Joseph , situé à Corbie hameau de la commune de Tilly sur la route de Vernon à Gisors, lequel café sera géré par lui même propriétaire du fond.
Fait à Tilly le cinq octobre 1912.
Nivard

Plan de Corbie




Affiche de la fête de Corbie





Chapitre V

Saulseuse (Le Prieuré)


Vestiges de l'Abbaye (à gauche) et le château (à droite)




SAULSEUSE, hameau de la commune de Tilly, sur la RD 181 de Vernon à Gisors. Très peu de personnes connaissent l’abbaye de Saulseuse. Pourtant, son histoire est assez extraordinaire et le nombre de personnages illustres qui y ont effectué de brefs séjours, justifie l’attention que l’on peut porter à ce monument.
Le Prieuré
Le prieuré de Saulseuse remonte au commencement du XII° siècle et fut fondé par Richard, fils du seigneur de Tilly, qui le plaça dans la dépendance de l’abbaye des Vaux-de-Cernay, et le dédia à N.-Dame. Richard, curé de la paroisse, forma dans son presbytère une petite communauté. Au bout de quelques années, se trouva trop à l’étroit. Il se transporta à peu de distance, dans un endroit appelé Saulseuse, à cause des saules dont il était planté. Le prieuré en a pris le nom. Vers 1130, Anserède de Vernon donne aux chanoines de Saulseuse le patronage d’Haricourt et de Bois-Jérôme. L’église de cette maison, paraît avoir été bâtie vers 1170 par Gaêl de Baudemont, un des grands bienfaiteurs du monastère. Elle portait le nom de Notre Dame du Bout de Tilly. On y voyait jadis sa tombe. Plus tard, on y exposa la chemise de l’archevêque Maurille et ce fut l’objet d’un grand pèlerinage. En 1171, Euguerrand de Trie donna au prieuré de Saulseuse, le droit qu’il avait sur la chapelle St. Ursin de Fontenay. Trois ans après, il donna encore la masure de son fief de Coupegueule à Andelys. Guyon de la Roche donna au prieuré en 1175, du consentement de son fils et de son frère l’église d’Amecourt. Gaêl de Baudemont céda le droit qu’il pouvait y avoir, et l’archevêque Rotrou confirma la donation.
En 1202, les chanoines de Saulseuse avaient 20 sols de rente sur la prévôté de Vernon. Vers la même époque, il y eut transaction entre les chanoines de Saulseuse et l’abbaye des Deux-Amants au sujet de la dîme de la terre de la Poterie. Dans le cours du XIII° siècle, le prieuré de Saulseuse fut enrichi par les libéralités d’Amaury de Verelives, de Gauthier Payen, de Mathieu de Tourny, de Jean et Robert de Bois-Jerôme, de Guillaume Rocherolles, de Robert du Bus et d’autres seigneurs du voisinage.
En 1216, Richard prieur de Saulseuse, figure comme témoin d’une charte pour l’abbaye de Fontaine Guerard, et cède au curé de Saint Marcel une maison appartenant au prieuré. Guillaume, prieur de Saulseuse, transigea en 1244 avec l’abbé de la Croix. En 1249, Eudes Rigaud couche à Saulseuse aux frais du prieuré. Il constate la présence de 12 chanoines dans le monastère, il y en avait autant dehors. Ils avaient 400 l. de rente. Le prieur de Saulseuse et les bourgeois de Vernon firent un accord en 1250 au sujet de leurs droits respectifs d’usage dans la forêt de Vernon. En 1259, Eudes Rigaud approuva l’élection de Pierre de Liancourt, nommé prieur de Saulseuse. Celui-ci eut pour successeur Guillaume de Ons. Eude Rigaud étant à Saulseuse en 1262 trouva le prieuré endetté de 500 l., l’année suivante il reprocha aux chanoines de se promener beaucoup trop et de faire commerce. Pierre, prieur de N. Dame-de-Saulseuse donna en 1265, une charte au sujet d’une pièce de terre à Tilly. Simon de Magny, Robert dit Honfroy, Nicolas André, Thomas de la Queue-d’Aye qui jura en 1415 la paix d’Arras, Gilbert, Grimout, Guillaume Vavasseur, sont cités comme prieur de Saulseuse depuis la fin du XII° siècle jusque vers 1475.
Jacques de Silly obtint en 1480 la commende du prieuré de Saulseuse. Il mourut en 1509. Le 9 septembre 1542, Louis de Ste-Marie se démet du prieuré en se réservant la nomination aux bénéfices. Son successeur, Jacques-Marie de la Roche-Guyon mourut en 1548. Jean Jubert céda en 1567 le doyenné de Rouen à Louis Marguerie en échange du prieuré de Saulseuse. Claude de Bauquemare eut le prieuré de Saulseuse de 1575 à 1610, date de son décès. Il fut remplacé par Nicolas de Bauquemare son neveu qui mourut en 1639. Paul Tallemant de l’académie française, avait en 1686 la commende du prieuré de Saulseuse, Claude de Bonnemare lui succéda en 1708. Le prieuré avait divers droits d’usage dans la forêt de Vernon. Dès le XV° siècle, les chanoines possédaient une pêcherie située sur l’arche maîtresse du vieux pont de Vernon ainsi que la moitié du moulin de Vernonnet. Le 23 octobre 1772, Saulseuse fut unie au petit séminaire de Rouen jusqu’à la vente du prieuré en 1776. Il faut savoir que Marie Angélique Corneille(la nièce du grand tragédien Corneille), mariée en 1748 avec Laurent Le Duc meunier à Bérangeville-la-Rivière, mourut au moulin de Tilly en 1791. Celui-ci était situé au bord de l’ancienne route Vernon Gisors, approximativement sur l’emplacement du boqueteau que l’on peut voir en sortant de la ferme de Saulseuse sur la gauche. Actuellement le souterrain qui reliait le prieuré de Saulseuse à celui de Surcy, existe toujours dont l’entrée est murée. Il n’y a plus de chanoines à Saulseuse, mais l’abbaye existe toujours. Le prieuré fut vendu comme bien communal en l’an II et adjugé à Jean Denis Levé dont la famille devait rester propriétaire jusqu’en 1996, date à laquelle l’actuel propriétaire en fit l’acquisition. Petit à petit, tout s’est dégradé, le prieuré ayant servi comme tant d’autres de carrière de pierres. Quelques bâtiments furent transformés. Le colombier, situé au centre de la cour de la ferme, semble avoir été remplacé vers 1885 par l’actuelle maison d’habitation. Elle fut l’objet en 1904 d’une bulle papale d’Innocent IV dont la teneur est malheureusement inconnue. C’est cependant pendant la seconde guerre mondiale que le prieuré fut le plus endommagé. En effet, les Allemands installent au sommet des ruines de l’église une batterie de D.C.A. dont les vibrations auraient entraîné après la guerre la chute du pilier sud-est. Parallèlement, les combats et bombardements de l’été 1944 provoquent l’incendie de la charpente de la grange dîmière. Le prieuré est aujourd’hui divisé en plusieurs propriétaires.

Armoiries de l’abbaye de Saulseuse
' D’azur à une croix engrêlée d’argent '





Une cloche du XVII ème siècle au Prieuré de Saulseuse


Bien que l’ensemble soit mutilé, on peut encore admirer le chœur de l’église avec ses culs-de-lampe et ses chapiteaux, quelques arcatures du XIV° siècle et des restes de bâtiments de la Renaissance. Il reste également, cachée par le lierre, une cloche qui mérite de s’y arrêter parce qu’elle constitue un objet archéologique daté qui peut apporter une contribution à l’histoire religieuse de la Haute Normandie.
Les dimensions de cette cloche sont réduites. Elle mesure 40 cm de hauteur totale, un diamètre de 26,2 cm au col et 44,5 cm. à la gorge. Elle n’a pas d’anneaux en raison de son faible poids et elle est fixée directement au joug de bois. Elle ne comporte pas de cartouche de fondeur. Sa décoration est très simple, les chiffres lettres et étoiles à huit branches qui la composent sont portés sur de petites plaques de bronze carrées soudées. A part le ruban central décoré d’environ cinquante étoiles, la robe de la cloche comporte un seul motif décoratif vertical fort simple: Une croix dressée sur un triple socle et formé des mêmes étoiles à huit branches. Voici le texte de l’inscription dont les mots ou groupes de mots sont séparés par une plaque à étoiles. Le ruban supérieur comporte 31 signes:
A И O + 1684 THOMASA + DEVILLA + VEVA
Le ruban inférieur plus long comporte 43 signes et ne fait suite au premier:
SIPECCAVI + ET + ADHORAM + PEPERCISTI + MIHI + IOBIO +

L’interprétation peut être la suivante:
‘ En l’année 1684 Thomas de Villeneuve ’
‘ S’il m’est arrivé de pêcher et si tu m’as épargné jusqu’à cette heure ’
(livre de Job chapitre 10)

Cette inscription donne trois indications: une date, un nom de baptême et le début d’un verset biblique avec sa référence. Cela paraît être une sobriété exemplaire si on se souvient que les saintiers ornaient leurs productions des trouvailles de versificateurs souvent bavards. On aimait en effet nommer le parrain et la marraine de la cloche ainsi que leurs titres, inscrire un début de prière ou un ensemble de maximes sur la vie ou la mort, voir désigner les dignitaires contemporaines de la naissance de la cloche. Remarquons que le mot A O comporte un seul N . tous les N sont inversés gauche-droite séparant entre eux des mots ou groupes de mots avec beaucoup de fantaisies. Les fautes commises par les saintiers étaient fréquentes. Négligences, ignorances, abréviations leur faisaient ajouter ou retrancher des signes ou même placer la forme à l’envers. Le caractère impersonnel, austère de l’inscription s'explique par le fait que la cloche était destinée non à une paroisse mais à un prieuré.
Le nom de baptème Thomas de Villeneuve, féminisé en ‘ Tomasa ’, sous-entend probablement l’appellatif latin ‘ campana ’ et ‘ Villanueva ’ n’est pas une forme latine, mais espagnole. Thomas de Villeneuve (1488-1555) est un saint espagnol auteur de traités dont le ‘ sermon sur l’amour de Dieu ’. Il a occupé le siège épiscopal de Valence (Espagne), canonisé en 1658, il appartenait à l’ordre de Saint Augustin. Un tableau célèbre de Murillo représente St Thomas secourant les pauvres. La vénération à ce saint se répandit très vite en France. Dès 1661 est fondée à Paris une congrégation dite des ‘ sœurs de St Thomas de Villeneuve ’ pour la restauration des hôpitaux. La dévotion à St Thomas dans le diocèse de Rouen a pu être favorisée par les relations commerciales qui existaient alors entre la Normandie et l’Espagne. Parmi les documents anciens conservés aux archives de l’Eure concernant le prieuré de Saulseuse, nous trouvons un acte pontifical signé à Lyon et daté de l'an 1165 depuis l’incarnation du Seigneur. Un autre titre probablement aussi ancien, mais dont la date est difficilement lisible, comporte l’expression ‘ Ecclesiae Sanctae Maria de Salicosa, ordinis sansti Augustini ’.
Une transcription d’acte s’achève ainsi: collationné sur l’original en parchemin par moy notaire royal en la ville et vicomté de Vernon le 15 janvier 1672. En fin d’un acte de 1716, il ressort qu’à la fin du XVII° siècle et au début du XVIII°, l’archevêque de Rouen est commandataire du prieuré de Saulseuse. Cela montre que le prieuré existait entre le XII° et le XVIII° siècle notamment dans la seconde moitié du XVII° et qu’on y observait la règle de St Augustin. Il n’est donc pas surprenant qu’on ait voulu à Saulseuse honorer un des Saints tout récents de l’ordre, en baptisant de son nom une cloche neuve. La citation biblique elle-même paraît parfaitement augustinienne. Job mis à l’épreuve par son Dieu jusqu’à la limite de ce qu’il peut supporter, souhaite mourir. Il est tenté de maudire Dieu mais de la révolte il passera à l’humiliation et au repentir, et retrouvera grâce devant l’éternel. Il convient de citer le verset 14 de Job 10 en entier: ‘ s’il m’est arrivé de pêcher et si tu m’as jusqu’à cette heure épargné, pourquoi n’accepte tu pas de me laver de mon iniquité? C’est le texte de la vulgate. Doit-on en apercevoir un symbole de la Rédemption dans la croix qui décore la cloche et qui semble répondre à la citation latine inachevée? Pêché et grâce préoccupant tout spécialement les Augustins, l’emprunt d’un verset de la bible, le contenu de ce verset, incitent à suggérer que le prieuré de Saulseuse a abrité les Jansénistes au XVII° siècle. Chaque appel de la cloche redisant aux religieux que le sens de leur vie consistait à se soumettre à l’ordre universel exprimé par la grâce.
Cette cloche apparaît ainsi comme un témoignage du renouveau spirituel du prieuré Augustin de Saulseuse au XVII° siècle. Après avoir échappé aux réquisitions révolutionnaires, cette cloche a été une seconde fois sauvée pendant la dernière guerre, son propriétaire ayant pris soin de laisser pousser la végétation pour la soustraire aux convoitises de l’occupant.


Chapitre VI

Saulseuse (Le Castel)


Le Castel était la demeure des seigneurs de Tilly. A la fin du XV° siècle, il fut transmis par mariage à la famille Du Perrier qui le fit restaurer et le garda jusqu’à la révolution.
Ci dessous, le Castel avant la restauration.
Au début du XX° siècle, il était la propriété de Mr. Valadon. Celui-ci acheta toutes les bruyères et les bois qui entouraient cette superbe demeure. En 1902, demande d’expropriation des terrains appartenant à Mr. Valadon par la ville de Vernon pour inclure un champ de tir. Demande refusée par le Conseil Municipal (Gaston Levé Maire). Plus tard, elle a été acquise par Mr. A. Bertin le père de Maxime Bertin qui fut Maire de Tilly de 1955 à 1965. Après la libération, les forêts environnantes d’une superficie de 200 hectares sont cédées au 5° régiment du génie de Rennes. En 1970, il fut transformé en un établissement spécialisé dans l’éducation, la mise au travail et l’hébergement de personnes handicapées mentales: l‘APEER (Association Pour l’Education Et la Réadaptation). Il est divisé en plusieurs sections, l’IME (Institut Médico - Educatif) pour enfants et le foyer d’hébergement, le CAT. En 1996, il accueillait 190 personnes handicapées et employait environ 130 salariés.

Le Castel après restauration
On peut voir les deux tours latérales qui ont été rajoutées


Plan de Saulseuse





Chapitre VII

Tilly, son histoire au XXème siècle


Au début du XX° siècle, la route, la 181, est belle et bien ferrée (constituée de pierres dures brisées, aplanies en utilisant de lourds cylindres en fer tirés par des chevaux). Depuis Vernonnet jusqu’à Saulseuse, et de Corbie jusqu’à Les Tilliers. La partie située entre Saulseuse et Corbie qui n’est encore que projetée, mais doit être bientôt exécutée est détestable dans les temps pluvieux. Bien qu’elle ne soit pas entièrement praticable, il est vivement à désirer pour le pays qu’elle soit promptement achevée. Les habitants de Tilly, tout en souhaitant de voir se terminer cette route, réclament fortement contre le plan adopté, parce qu’ils auraient désiré que la route passa dans le village, tandis qu’elle va former à environ 200 mètres au sud l’angle qui la dirige vers Corbie. Comme dans beaucoup de villages, on rencontre différents corps de métiers tels que les agriculteurs en majorité, l’instituteur, le curé, le percepteur, le garde-champêtre, l’aubergiste, le cafetier, le charron, le cordonnier, la couturière, l’épicier, le maçon, le maréchal ferrant, le matelassier, le plombier, le restaurateur, le tabac, le coiffeur, le sabotier. Nous allons essayer de mettre à leur place ces différents personnages qui ont fait vivre Tilly. Nous trouvons 5 fermes à Tilly, une aux Ruelles, une à La Fresnaye, une à Saulseuse, une à Corbie.

Rue de Paris, le presbytère fut occupé par l’abbé Lebrasseur
pendant 20 ans de 1904 à 1924 (amoureux des roses, sa passion était connue du voisinage).
Il a été remplacé par l’abbé Prévost.
Le presbytère a été construit par Mr Chennevast peu avant 1870.

A côté, la Seigneurerie Beaufour fut exploitée
par les époux Pelletier qui avaient une troupe de moutons.
Ici, la grange avec au fond, la maison d’habitation et l’Eglise


En face, au N° 7 actuel, la forge Eugène Fouet (grand père de Mr. Riedel),
qui était bedeau le dimanche, a été éléctrocuté par un fil de baladeuse.


Au N° 10 de la rue Grande, J. DEHORS tenait un café épicerie en 1907,
le fils fut tué à la guerre de 14, puis FERET, ROUEN, ROUY et LEGUAY.



C’est Mr. LEGUAY, entrepreneur de battage qui a repris le café épicerie en 1924, faisant également bureau de tabac.
Ci-dessous, la demande d’ouverture adressée au Maire.


Une cabine téléphonique y est installée pour le bien être des habitants. Une subvention annuelle de 350 francs est allouée à Mr Leguay. Au-dessus de la porte d’entrée, une niche vide, qui abritait il y a quelques années encore une statuette de Saint Martin détruite accidentellement.

Au N° 8 rue Grande, le père Touzé, était coiffeur.

Au N° 12 de la rue Grande, la grange à Leguay
a été transformée en maison d’habitation en 1973.


En continuant, au N° 14, le père Arnaud Maysonnave était matelassier et avait quelques vaches. Leur fille, Hélène fut sage-femme. En face un jardin a été racheté par la commune pour y édifier l’école terminée en 1920, année du décès d’Auguste Bréant, maire, écrasé sous sa voiture dans le bois de la Merle.
Au N° 15, la mairie accueillait l’école jusqu’en 1920, date de l’achèvement de la construction de la nouvelle école. Au rez de chaussée, la porte de droite donnait accès à la mairie et l'école, la porte de gauche, donnant elle, accès au logement de l’instituteur. On aperçoit au fond à gauche, la nouvelle école.
C’est en 1920 que fut planté le sapin devant l’école appelé ‘ arbre de la liberté ’ , abattu le 5 décembre 2012 par la nouvelle municipalité !!!.
Le 28 mars 1981 journée de l’arbre, a été planté son dauphin un cèdre atlantica vert. Cette même année, fut remis le drapeau aux anciens combattants de la guerre de 14 dont le président était Adrien Troissin. La cérémonie officielle amena tous les anciens poilus et les notabilités des environs à Tilly et on dansa dans la rue qui n’était pas goudronnée.

On trouvait également à Tilly une entreprise de couverture- plomberie
jusqu’en 1930, date à laquelle l’entreprise a cessé ses activités
suite au décès de Mr Filleux.

Au N° 30, le café épicerie au début 1900, était tenu
par Stemmel puis par Guillaume, Lepetit, Trippé son fils
tué en 1918.
Plus tard Arbulot, Grain et Lesouder.
Du temps de Mr. Arbulot et Grain, il y avait même
des séances de cinéma dans la bâtiment derrière
le café les vendredis ou samedis.
Au N° 32, Mr Constant Boitte Maire de la commune
avait une petite ferme.

Le 24 octobre 1953, devant la mairie, remise de la Légion d’Honneur
à Mr. Constant Boitte conseiller municipal le 5 Mai 1912
puis maire de Tilly de 1920 à 1954.
La gerbe lui est remise par Yvonne Bochonko habitante du village au N° 14.

Le charron, Albert Mignard avait son atelier (au N° 34) charron près de 40 ans
 
De l’autre côté, au N° 33, la forge du maréchal,
où 4 générations se sont succédées, était tenue par Flavien
puis par Gilbert Petitpas son fils.
Flavien était un excellent chasseur, 50 lièvres par an
plus des perdrix.

Entre le charron et la forge, la mare comblée en 1968, était le lieu de rendez-vous et de passage obligé pour toutes les bêtes qui se rendaient ou revenaient des prés. En période de sécheresse, la mare était asséchée et tout le monde s’y mettait pour enlever près d’un mètre de vase qui était chargée dans des tombereaux. Une fois terminé, les participants heureux de leur travail installaient une table au fond et prenaient une collation bien arrosée.
Les années de sécheresse, toutes les mares de Tilly étaient sèches et il fallait aller au rond de Tilly, également à l'étang de Saulseuse pour se ravitailler. L’eau du Vexin coulait à peine à Tilly, pas du tout à la Queue d’Haye. On en recueillait un peu en ouvrant le robinet à 3 heures du matin.

Dans le virage en face de la mare au N°40,
était la ferme Dormanci, habitée ensuite
par Belhomme, le régisseur du Castel.
Puis, occupée par les caves ' Sant Paul ’,
elle fut rachetée ensuite par les époux Blondé
qui ont tenu un café, puis par Cayet.

Demande d'ouverture du café restaurant Blondé du 31 Mai 1935





Au N° 50, Mr Chennevast qui était entrepreneur de maçonnerie est décédé le 30 Avril 1996.
Madame Chennevast, décédée le 15 janvier 2011 à l’âge de 101 ans,
était la doyenne de TILLY.


Le père Belhoste exploitait la ferme au N° 50, son frère Prosper aveugle soignait les vaches. Achetée par Mr Bertin, il y installe sa meute et ses piqueurs, ce qui amenait de l’activité dans le village. Deux fois par semaine retentissaient les sonneries de cors. L’équipage, une quinzaine de chevaux logeait dans les communs du castel. Les départs pour la chasse étaient de jolies réunions pleines de couleur: Bottes noires, culottes blanches et rouges, bombes vertes, sonneries des cors. Les invités, les curieux, les aboiements des chiens, le pietinnement des chevaux: Tout un folklore. Au début des années 1900, on comptait jusqu’à 15 fermes plus ou moins importantes: Boitte au N° 1, Beuzeron au N° 25, Gavelle au N° 35... Toutes avaient des vaches que l’on menait à la corde boire aux mares et que l’été on mettait au piquet dans les champs. Il y a encore quelques années, on pouvait lire sur la façade de la maison de Mr. Beuzeron: Ministère de l’agriculture Services vétérinaires.
Le laitier ramassait le lait à Tilly tous les jours en fin de tournée à 5 heures, réglé comme une horloge quel que soit le temps, neige ou verglas, faisant poser à la forge des clous à glace aux fers du cheval afin de pouvoir descendre la côte sans glisser. Le facteur lui, distribuait le courrier dès le matin, à pied ou à vélo, repassait relever la boite vers 13 heures avant de redescendre, également par tous les temps! Le médecin et le vétérinaire avaient une voiture à cheval avant d’avoir une automobile. Les châtelains voyageaient en coupé conduit par un cocher, puis une limousine.
En 1890 Mr Bréant (maire en 1908) avait une bicyclette puis une tirpédo en 1920, ensuite Mr Chennevast en 1923.

Comme dans tous les villages, Tilly avait jusqu’en 1953 son garde champêtre
annonçant les dernières nouvelles et présent à toutes les manifestations.
Ci contre, le tambour qui servait a alerter la population.
Ci dessous, sa casquette avec ses initiales à l'intérieur,
ainsi que le nom du chapelier.
Il y a même le sac ayant servi à emballer le précieux objet.



Les propriétaires fermiers et les métayers pouvaient distiller ou faire distiller les vins, cidres, les marcs provenant de leur récolte. Or les lieux de distillation ont été définis comme suit: Pour Tilly, place de la République dite de ‘ Fossé Godet ’. Pour le hameau de Corbie, la place dite de ‘ la Croix ’(désignée sous le N° 553 du plan de la commune de Tilly), située au carrefour des chemins de Corbie à Grimonval et de Corbie à Bois Gautier. La distillation des produits ci-dessus désignés aura lieu les mardis, mercredis et jeudis de chaque semaine de 7 heures le matin à 6 heures du soir. Il y a encore quelques années, le bouilleur de cru venait à Tilly mais stationnait rue de Paris à la ‘Croix du Gris ’. Les débits de boissons étant au nombre de 3 à Tilly et 1 à Corbie en 1907, et considérant les progrès alarmants de l’alcoolisme, le Maire Mr Ernest Levé décide d’appliquer l’article 9 de la loi du 17 juillet 1880 qui prévoit que les débits existants seraient maintenus mais à l’avenir, plus aucun débit ne pourra être ouvert à moins de 100 mètres des monuments ou établissements public.

Les mares du pays recevaient les eaux de pluie. Celles du presbytère allaient dans la mare Beaufour qui elle-même se déversait dans la mare Geoffroy qui avait un escalier d’une quinzaine de marches pour y laver en tous temps. Ne tenant plus l’eau, Elle a été comblée en 1932. La mare du maréchal, elle, portait son trop plein dans celle de la Marie Jeanne, puis dans celle des Ruelles, toutes trois bouchées. En 1919, le monument aux ‘ Morts pour la France ’, a été édifié pour une dépense qui s’élevait à 2409,08 francs.
En 1923, considérant la nécessité d’un corbillard pour le transport au cimetière communal des corps décédés, il a été décidé l’acquisition d'un corbillard pouvant être traîné par un cheval. Un devis a été établi par Mr. Aubé menuisier à Panilleuse pour un montant de 1.000 francs. Un devis est demandé à Mr Mignard, charron pour la construction d’un bâtiment afin de remiser le corbillard. Le devis daté du 25 août 1951 s’élève à 75.000 francs. Le corbillard devenant vétuste, il est décidé de le remplacer et le devis s’élève à 670.000 francs.
Le tarif du corbillard en 1963 était de :
- 1ère classe105,00 Francs
- 2ème classe58,50 Francs
- 3ème classe23,50 Francs
- Indigents11,50 Francs

Devis pour la construction d'un abri pour le corbillard





Un fait divers en 1888


Assassinat du courrier de Vernon dans la nuit du 9 Décembre 1888


assassinat du courrier de vernon tilly 27 27510 eure

assassinat du courrier de vernon tilly 27 27510 eure

assassinat du courrier de vernon tilly 27 27510 eure



Un fait divers en 1947


Un jeune charretier foudroyé par un violent orage


(article le Républicain de Vernon du 26 Avril 1947)





Un fait divers en 1992


Huit bêtes foudroyées par l'orage le 8 Juin 1992 vers 23 heures


(article le Démocrate du Mercredi 10 Juin 1992)





Les majorettes


Pendant plusieurs années de 1967 à 1972, Tilly avait sa troupe de majorettes. Quelques jeunes filles, n’ayant aucune activité sur place, avaient décidé de former une troupe de majorettes. Elles étaient douze. Après avoir demandé l’autorisation à Mr le Maire qui a été favorable mais ne voulait pas entendre parler de deniers communaux pour financer les costumes de la petite troupe. Alors les parents se sont rassemblés et décident que pour la première représentation en public à l’occasion de la fête des mères, une robe blanche et une petite cape rouge feraient l’affaire. Pour les chaussures, on se servirait de tennis et le port de socquettes blanches fut approuvé.

Pour le fanion, on broda trois cercles sur un satin blanc bordé de franges d’or. Mais il fallait également des coiffes. En acheter étant impossible, défiler nue-tête impossible aussi, tout le monde partait à la recherche de hauts de forme. Après bien des efforts, les douze coiffes sont recueillies et il fallait encore les rendre propres et à la dimension des petites têtes qui devaient les porter. Pour la baguette, on tressa de l’osier et lorsque le grand jour est arrivé, la tenue était complète. Très vite connues dans le Vexin et les communes environnantes, d’un commun accord, les membres décident alors de se servir de l’argent des ‘ cachets ’ pour moderniser l’habillement. Etant donné l’excellente ambiance qui règne au sein du groupe, d’autres jeunes viennent grossir les rangs. Elles sont maintenant 22. Des bottes et des shakos sont alors achetés. Les majorettes de Tilly ont fière allure et grâce à l’effort de toute la population, vingt deux jeunes filles ont trouvé des loisirs inattendus.
Comme tous les ans, la fête du village a lieu le dimanche le plus près du 1er juillet. En 1977 c’était donc les 3 et 4 juillet. A cette occasion, Tilly avait fait sa toilette pour recevoir de nombreux visiteurs: drapeaux flottants, pelouses tondues, fleurs à toutes les fenêtres. Tilly avait bien mérité le prix du village fleuri. Le samedi soir, la clique de Muids entraînait la retraite aux flambeaux jusqu’à la fête foraine et au grand bal animé par Bel Galbady. Le dimanche, le ball-trap attirait quelque 200 fines gâchettes. L’après midi, un match de football opposait les équipes de Saint Marcel, Ecos, Vernon et Tilly, car il y avait également une équipe à Tilly. Le soir venu devait amener un public nombreux composé surtout de parisiens, de gens du pays et des alentours pour applaudir le feu d’artifice offert par le comité des fêtes.





M. BOITTE, maire de Tilly,
dans les rues de son village



Affiche de la fête de Tilly en 1934






La fête de Tilly en 1977 avec le ball-trap qui rassemblait près de 200 tireurs!
A l'époque, le feu d'artifice était offert par le comité des fêtes




Le château d'eau


C’est en 1995, que le syndicat des eaux du Vexin a décidé de construire un nouveau château d’eau, car celui existant devenait vétuste.
L’ancien a été abattu le 10 janvier 1996



Le Blason


Le blason de la commune a été réalisé à l’initiative du maire Léon Taillieu et du Conseil Municipal en 1999.

Histoire du blason de Tilly





Chapitre VIII

L'école


L’école se trouvait dans le même local que la mairie. C'était une classe unique pour les enfants de 6 à 14 ans.C’est en 1910, qu’il y a projet de construction d’une maison d’école au lieu dit ‘ Tilly Grande Rue ’. Un devis est établi par Mr. Delaboissière, architecte, pour un montant de 12.000 francs. Le bâtiment, toujours existant, est appelé communément ‘ la vieille classe ’.
A l’examen des plans, il s’avère que les privés, ainsi que les urinoirs pour les garçons, ont été omis. Sur proposition des élus, ceux-ci décident de placer les privés dans l’arrière cour à une distance suffisante du logement de l’instituteur et de la nouvelle classe. Cet emplacement présentera l’avantage que l’instituteur pourra les surveiller de la fenêtre de sa cuisine!!! Il faut signaler que l’instituteur logeait à l’étage, devenu la mairie actuellement. Les travaux débutent en 1919 et le devis passe à 14.175 francs au lieu des 12.600 prévus au premier projet.
Il est également prévu l’arrivée de l’eau du Vexin à l’école. Cette installation aurait un double avantage, d’une part de procurer l’eau potable à l’instituteur, et d’autre part aux enfants de l’école qui pourront, l’été, en faire usage comme boisson. Les travaux de construction de l’école sont arrêtés pendant la guerre. Ils seront achevés en 1920.
En 1932, Mr Fouchard, instituteur, après 29 ans de service dans la commune, demande sa mise à la retraite. Le nombre d’élèves s’élève alors à 29. C’est en 1955, lors d'une cérémonie à l’école que Mr. Fouchard reçoit les Palmes Académiques. On peut voir sur la photo à gauche Mr. Pierre Mendés France, au centre Mr. Fouchard et à l’extrême droite, Mr. René Boitte lieutenant de pompiers et Maire-Adjoint de Tilly.
C’est Madame NUT, qui est pressentie pour son remplacement. A son arrivée, elle demande que quelques travaux soient réalisés: réparation de la toiture (il pleut dans le grenier), nettoyage du parquet, lessivage des rideaux, nettoyage du tuyau de poêle. Quant à l’arrivée de l’eau potable sur l’évier de la cuisine, le Conseil ne reconnaissant pas l’urgence, et la dépense trop élevée, les travaux sont reportés. L’eau sera finalement installée dans la cuisine de l’instituteur en 1939. Une étude sera faite pour le creusage d’une bétoire pour les eaux résiduelles. En 1926, la dépense pour le chauffage de la salle de classe s’élève à 1.000 francs pour l’achat de charbon.
Suite à une épidémie de coqueluche dans la commune en 1929, la salle de classe a été désinfectée. Madame Nut est remplacée en 1934 par un instituteur, Mr Pillard, ce qui oblige la nomination d’une maîtresse de couture pour ‘ l’enseignement de la couture à l’école mixte ’. C’est madame Storz, âgée de 53 ans, qui est nommée avec un traitement de 300 francs par an et commence le 1er octobre 1934. Comme dans beaucoup de communes, c’est l’instituteur qui exerce les fonctions de secrétaire de mairie. Mr Pillard exerce ces fonctions à dater du 1er janvier 1938, poste occupé initialement par Mr Fouchard depuis 1903.
Mr. Pillard demande que le balayage soit fait par une personne rétribuée par la commune, considérant les lourdes charges et les inconvénients de cet emploi, le balayage sera exécuté par les élèves de l’école. C’est Mademoiselle Marsaud, institutrice suppléante qui est affectée pendant la durée de la guerre du 1er août 1939 au 31 août 1940. Suite à une circulaire préfectorale de 1954 une distribution de lait et du sucre aux enfants de 6 à 11 ans de l’école publique sera faite à compter du 3 janvier 1955 sous la surveillance de Mr Pillard instituteur.
C’est en 1938, qu’il a été décidé de transformer la place de la République en terrain de sports.
Une circulaire émanant du Préfet de l’Eure concernant l’aménagement du terrain scolaire d’éducation physique et sportive précisait :
1° - continuer l’aménagement du terrain scolaire appartenant
        à la commune.
2° - Aménager une piste.
3° - Créer un sautoir pour saut en hauteur et un pour le saut en longueur.
4° - Clore le terrain.
La guerre étant proche, les travaux ont été arrêtés. La peinture de la salle de classe a été réalisée en 1947, celle-ci n’ayant pas été refaite depuis une vingtaine d’années.
La nouvelle école maternelle a été construite en 1989 et l’inauguration a eut lieu le 18 novembre de la même année.

Les enfants de l'école en 1938



Photo prise sur le terrain de sports à la République (on aperçoit en arrière plan le portique)


Chapitre IX

L'église


C’est Robert 1er, duc de Normandie de 1027 à 1035 et père de Guillaume le Conquérant qui, pour la première fois mentionne le nom de Tilli dans la charte de la cathédrale de Rouen. Il est fort probable qu’en ce X° siècle, la localité existait déjà depuis longtemps avec un lieu de culte dont nous n’avons plus de trace. Le fait que la paroisse soit dédiée à Saint Martin peut le faire penser. Ce personnage bénéficie d’une grande popularité depuis sa mort à la fin du IV° siècle. Son rayonnement en ce début du Moyen Age est immense. En France, 4000 édifices religieux sont placés sous son patronage ainsi que 400 localités. L’église s’élève près d’une petite place plantée de tilleuls à côté d’une longue mare où se reflète la pyramide d’ardoises de son clocher.
L’édifice comprend deux rectangles inégaux sans caractère particulier d’une trentaine de mètres de long. La construction est orientée Est Ouest, le cœur qui est tourné vers le lever du soleil indique la lumière, la naissance de la vie, la résurrection du Christ. Cette disposition est très courante. Le gros œuvre est constitué de silex, de calcaire et de la pierre de taille. La partie la plus ancienne date du XII° siècle, traces d’une église primitive qui était contemporaine à la construction de Château Gaillard aux Andelys, des croisées du transept de la collégiale de Vernon, du château de Gisors, de l’église de Corbie et de la fondation de Saulseuse dont la paroisse dépendait. L’arc triomphal en plein cintre qui sépare le cœur de la nef, repose sur deux pilastres cylindriques à chapiteaux romans (XII°), restes de la primitive église. Au XII° siècle, une partie de l’archivolte est refaite. C’est à ce moment qu’est ajouté en guise de clé, l’écu de la famille Champion qui posséda alors le fief de Tilly-Daubeuf (de gueule à trois losanges d’argent).

Les retables latéraux à deux colonnes torses ornées de grappes de raisins et surmontés de chapiteaux composites dédiés à la vierge et à Saint Sébastien, au dessus des colonnes, deux anges tiennent un ruban orné de fleurs. la porte du tabernacle est ornée d’une représentation d’un ciboire entouré de motifs végétaux. L'entablement est triangulaire à deux pots à feu, bois sculpté peint, faux bois et doré, deuxième moitié XVII° et XIX° siècle.

Les fonts baptismaux à cuve circulaire,
pierre calcaire sculptée peinte en vert
et bleu avec représentation d’animaux
imaginaires autour du pied, cuve décorée de médaillons ( XVI° siècle ).
Couvercle en bois et cuve en plomb, classé.


Sur la gauche, une pierre gravée en 1650




Lorsque l’on pénètre dans le cœur, un vitrail
représentant ‘ Saint Augustin évêque ’,
vitrail en grisaille exécuté par
l’atelier Duhamel-Marette,
daté de 1876.

Inscription: Don de Mr DUMESNIL 1876


Puis la Charité de Saint Martin,
statue pierre calcaire sculptée polychrome
sous badigeon XVI° siècle.

Ensuite une verrière représentant
le ‘ buste de la Vierge ’, vitrail en grisaille
à médaillon signé: HEGENDÔRFER, 18 rue Lafitte Paris 1860.

L’autel est en forme de tombeau en bois sculpté fin du XVIII° siècle. le tabernacle dont la porte est ornée d’une statuette du Bon Pasteur est entourée de deux colonnes torses et surmontée de chutes de fleurs, sur les ailes statuette d’ange. l’ensemble est encadré de deux volutes ornées de chutes, bois sculpté peint faux bois et doré, deuxième moitié XVII° siècle. Le retable à deux colonnes torses à chapiteaux composites et ornées de branches de vigne. Entablement droit à ressaut orné d’une frise composée de motifs végétaux au dessus du tableau. Couronnement composé d’un dais d’exposition tenu par deux angelots et entouré de chutes de fleurs, sommé de la Colombe du Saint Esprit en bois sculpté peint faux bois et doré, deuxième moitié XVII° siècle. Tableau central représentant ‘ Saint Martin évêque ’, huile sur toile, exécuté par le peintre Eugène Maurin en 1865, cadre du XVII° siècle. De part et d’autre du retable, statues de Saint Martin évêque et de Saint Antoine, bois sculpté polychrome sous badigeon, XVII° siècle.

L'autel



Saint Martin se rendit célèbre en partageant sa chlamyde avec un mendiant à Amiens. La nuit suivante, le Christ lui apparut revêtu de la moitié du manteau qu’il avait donné au mendiant. Elu évêque de Tours en 371, son tombeau y devint un centre de pélerinage très fréquenté. Patron des fantassins, maréchaux, menuisiers, militaires, piétons.
Au milieu du cœur, gît une pierre tumulaire où est gravée l’effigie d’un Ecclésiastique. Sur le côté nous pouvons lire :
‘………Charles Bouctier, Père religieux régulier de Saulseuse, curé de Tilly lequel décéda le XV° jour d’octobre 1870 ’.

Saint Denis évêque
Don de Mr. Ernest Levé 1876

L’ensemble du bâtiment est profondément remanié au XVIII° siècle. Il prend l’aspect que nous lui connaissons aujourd'hui. Une grande partie des murs a été reconstruite. Les ouvertures ont été percées ou agrandies dans la forme actuelle. Ce n’est qu’en 1854 que la façade néo-gothique est édifiée ainsi que le clocher. Dans celui-ci, nous trouvons deux cloches:
La grosse cloche de 0 m 89
J’ai été nommée EMMA par Mr Gaston-Denis Levé, mon parrain et par Mme Clémence – Charlotte-Suzeraine Valadon
ma marraine. Mr Louis Auguste Dumesnil, Maire de Tilly, M. Prévost, Curé 1881.
Dubuisson-Gallois fondeurs.

La petite cloche 0 m 80
L’an 1827, j’ai été bénite par Mr Jean-Baptiste Letellier, desservant et nommée GABRIELLE par Mr Jean-Denis Levé,
écuyer propriétaire du domaine de SAULSEUSE et par dame Gabrielle-Joseph Delbouville épouse de M. Benjamin Damonville,
ancien cavalier de cavalerie, Mr Aimé Sulpice Marie Cherence Maire de Tilly, Alex Dailly président de la fabrique R.L. FOUET,
trésorier Roussel Petit et Prieur Marguilliers.
LIMAUX ET MAHUET, fondeurs

Divers travaux d’entretien ont été réalisés. En 1906, réparation de l’horloge pour une dépense de 62 francs. Celle-ci, est remplacée en 1909 car complètement usée et hors de tout bon service, reconnaissant qu’il est d’une utilité incontestable pour tous les habitants de posséder une horloge publique. En 1946, réfection du clocher suite à faits de guerre pour un montant de 248.514 francs. Les cloches sont électrifiées en 1946 et la remise en état des peintures en 1976.
En 1977, le clocher sent le poids de son premier siècle. Une étude est demandée à l’entreprise Lanctuit pour sa réfection. C’est au cours de cette intervention que la foudre touche le bâtiment endommageant la toiture et détruisant l’installation électrique dans sa totalité. Heureusement personne n’a été touché. Une remise à neuf a donc été obligatoire. C’est en 2001, que la toiture a été refaite en totalité suite aux dégâts causés par la tempête de 1999 (montant de la dépense 260.526,90 francs) ainsi que le plafond pour 52.447 francs. En 2004, le mécanisme de l’horloge devenu hors d’usage, est remplacé par l’électronique. Depuis plus de huit siècles, les générations se succèdent dans ce lieu, un peu moins aujourd’hui qu’hier, sans doute avec le départ en 1973 du dernier curé résident. Le cercle paroissial s’est élargi. Souhaitons que cette église reste le symbole de notre fraternité et de notre foi.

Armoire de sacristie constituée de vingt-quatre panneaux sculptés
à motifs de fleurs, feuilles, urnes et rubans, remontés en deux portes,
bois chêne XVI° siècle.
Les serrures sont en fer forgé du XIX° siècle.

Chasuble brodée ayant
appartenu à l’abbé Prévost.


Le cimetière, comme par le passé reste autour de l’église mais également
au centre du village. Les curés y sont enterrés comme le veut la tradition.
Nos ancêtres avaient un regard sur la mort qui est bien éloigné de notre mortalité à la fin du XX° siècle.

A l’entrée du cimetière, le monument aux morts qui a été édifié en 1919
et dont la dépense s’est élevée à 2409,08 francs.



Chapitre X

Bibliographie



Dictionnaire des communes (Charpillon)
Archives Départementales
Archives Communales
Documents personnels
Autour de Vernon (Georges Poulain)
Histoire de Vernon sur Seine (Michel de Decker)
Vidéo "La Fontaine de Tilly" (Les films de la Ravine)

Remerciements à toutes les personnes qui ont, par leurs souvenirs, ou par leur documentation personnelle,
participé à la rédaction de ce document.

Willy HUGUENEL


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